La création des Design Centers au sein de THALES

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03 Oct 2016

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Le processus de Design Thinking par l'agence IDEO

A l’initiative de Didier Boulet, appuyé par une équipe de dirigeants visionnaires, le design thinking a entièrement réorienté la démarche du groupe THALES, désormais centrée sur les besoins du client.

En 2013 a eu lieu l’inauguration du premier « Design Center », au sein de la Thales Université, grâce auquel didier Boulet facilite la mise en œuvre du design thinking. Pour le convevoir, Thales travaillait depuis 2009 en partenariat avec les d.School de Stanford et de Paris.

Didier Boulet en explique le fonctionnement : « Les collaborateurs viennent au Design Centre pour développer de nouveaux concepts, produits, services et stratégies. Le champ d’étude couvre tous les aspects de l’innovation – particulièrement les innovations centrées sur la conception et sur l’utilisateur ».

Didier Boulet est diplômé de la Haute Ecole de Bruxelles. Il est entré chez Thales en juillet 2000 comme directeur de Business Unit, puis a pris d’autres responsabilités avant d’être chargé en 2012 du développement du Thales Design Centre, pour promouvoir et mettre en œuvre le design thinking au sein du groupe.

« Les entreprises sont confrontées, plus que jamais, à de grandes incertitudes et turbulences en tout genre, affirme Didier Boulet. Beaucoup recherchent de nouvelles façons d’aborder cet environnement complexe pour lequel les modèles existants ne suffisent plus. C’est dans ce contexte difficile qu’est apparu le design thinking, se profilant comme une démarche permettant de découvrir, ré-inventer, ré-imaginer les besoins, produits et services du futur. »

Depuis lors, le réseau s’est développé au niveau international et compte à ce jour 7 design centres : Singapour, Glasgow, Bordeaux, Reading, Stuttgart, Jouy-en-Josas, et bientôt Brest.

Les activités des centres couvrent la formation, les workshops et les projets en mettant la priorité sur le long terme. Les formations incluent : Design Thinking 101 (Formation d’un jour), le leadership créatif, le design de service, et le story telling.

Plusieurs centaines de personnes participent à ces formations chaque année. Les ateliers couvrent la facilitation de l’idéation, le repérage des opportunités stratégiques, et le co-design. Les projets couvrent le design de service, le design de produit disruptif et jusqu’au marketing stratégique. Le tout globalement aligné sur le modèle de Stanford/Ideo.

L’objectif est de faire intervenir le design thinking dans les produits, les services et les stratégies de Thales. A ce titre, il représente une opportunité unique de développer une compréhension en profondeur de l’utilisateur, et de co-concevoir des opportunités avec des clients Thales.

Au sein du groupe, les design centres offrent une plus grande liberté de penser. Il comprennent des espaces créatifs que les gens peuvent modifier à leur convenance. « Aucune paroi n’est fixe ici. » explique Barry Connor, directeur du Glasgow Design Centre. « On s’assoit sur des poufs Sacco et on dessine sur de grands murs blancs. Nous essayons d’instaurer un espace sans contraintes pour permettre une réflexion sans contraintes. Je crois fermement que ce cadre encourage un certain comportement, propice à la pensée créative. »


Pour trouver la bonne solution, il faut être sûr de pointer le bon problème.

La plupart du temps, l’innovation se concentre plus sur la recherche de solutions nouvelles, que sur la compréhension du problème. Pourtant, Einstein disait déjà : « Si je disposais d’une heure pour résoudre un problème, je passerais 55 min à comprendre la question, et les 5 min restantes à trouver la solution. » C’est également l’approche du design thinking, pour lequel le processus d’innovation commence réellement à la source.

« Avant d’envisager des solutions, il faut bien circonscrire les problèmes à résoudre. » nous dit Didier Boulet. Et Barry Connor d’ajouter : « Il s’agit avant tout de comprendre le problème et d’entrer en empathie avec l’utilisateur final du produit que nous développons ».

L’idée qui est à la base du Design Thinking est née dans les années 80, quand Rolf Faste, concepteur et professeur de mécanique, a initié les étudiants de l’université Stanford à une approche inédite de la conception créative. Des collègues ont rapidement embrayé pour élaborer une méthodologie de développement par le design.

David Kelley a mis ces méthodes en pratique au sein de l’agence IDEO, puis créé la d.School de Stanford, avec pour objectif d’encourager les concepteurs à se considérer comme des « design thinkers ». Tim Brown, directeur de IDEO, a popularisé l’expression depuis les années 2000 au travers de livres et de conférences.

 

L’empathie est au cœur du processus.

Une composante majeure du design thinking, c’est la prise en compte du client bien plus tôt dans le processus. « Le client est l’utilisateur final – si le produit ne répond pas à ses exigences, alors il n’a aucun intérêt », nous dit Didier Boulet. Il faut essayer de comprendre dès le début les attentes du client. En l’impliquant tout au long du parcours conceptuel, on en fait un allié pour développer un produit qui répond à ses attentes.

« Chaque projet débute par la recherche utilisateurs. Vous vous immergez dans le problème, vous le filtrez, vous essayez de l’articuler en fonction de différentes personnes et tendances. Seule la rencontre entre les expériences de l’équipe de concepteurs, entre les multiples sources d’inspiration permet réellement de transformer des observations en points de vue à la fois uniques et novateurs », poursuit Didier Boulet.

Barry Connor ajoute : « L’essentiel consiste à comprendre le problème et les besoins de l’utilisateur final du produit que nous voulons créer. Plusieurs méthodes sont envisageables, par exemple interroger les utilisateurs, réaliser des essais et demander les retours du marketing et des ventes. Nous disposons ainsi de plus de données pour analyser l’environnement de l’utilisateur ».

Barry Connor précise : « Parfois les clients ne savent pas ce qu’ils veulent – ou pensent le savoir, mais à tort. La phase d’empathie place le produit face à d’autres utilisations possibles, pour lesquelles il n’a pas forcément été conçu. »

 

L’idéation, et surtout le prototypage et le feedback.

Dès le moment où on a cerné le problème, il faut trouver des idées pour le résoudre. C’est la phase d’idéation. Elle est très importante, mais d’après Didier Boulet elle ne représente que 20% du processus.

« Les gens accordent parfois une importance excessive à cette partie du processus. Pourtant la réussite ultime dépend surtout de la qualité des recherches menées en amont et de celle des observations. Un autre facteur de réussite clé est le prototypage, l’expérimentation et les multiples permutations que vous proposez », ajoute-t-il, illustrant la maxime selon laquelle le génie, c’est 99% de transpiration et 1% d’inspiration. « Quand vous créez des prototypes et les expérimentez, vous testez enfin les idées au regard des utilisations potentielles. C’est là que tout commence à faire sens. »

 

Des résultats, et surtout un changement en profondeur

« L’évaluation suprême est l’accueil des produits sur le marché, et les performances de ces projets, commente Didier Boulet. Vous devez analyser l’ensemble du cycle de vie du produit, de l’identification du problème jusqu’à l’investissement dans un nouveau produit, et montrer que cela n’aurait pas pu se concrétiser sans le Design Thinking. L’initiative du Design Centre est encore jeune, puisqu’elle remonte à janvier 2013, mais nous pouvons déjà apprécier son incidence sur les catégories de nouveaux produits créatifs (comme la sécurité urbaine) ou les possibilités uniques qu’elle nous offre, pour concevoir en partenariat avec nos clients. »

La diffusions du design thinking se généralise maintenant à un vaste réseau au sein du groupe Thales, qui vise à se transformer en profondeur. Le Groupe se fera plus entrepreneurial et intra-preneurial ce qui nécessitera des incubateurs internes afin de favoriser cette innovation émergente. « Voilà vraiment comment nous devons nous positionner demain, pour devenir des plateformes d’incubation destinées aux initiatives commerciales naissantes », commente Didier Boulet.

 

Un challenge que Didier Boulet vous propose de partager à l'occasion de la Masterclass qu'il animera pour Design Innovation le jeudi 20 octobre 2016. => Informations et inscriptions

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